French poem
Au Palais Vendramin
by Émile Cottinet (1860–1929)
Le palais d’orgueil et d’éternel deuil, que hante Une grande Ombre… Des rayonnements discrets Dans l’or des cadres, sur l’ivoire des coffrets, Et cette voix, dans le silence ému, qui chante…
Là montaient à nos cœurs l’incantation lente De la Circé marine, et les philtres secrets De la Musique, et tout le charme ardent et frais Des fleurs, des parfums, de telle robe ondulante.
Vers le Nord, chassé de nos âmes, avait fui Le corbeau familier de l’implacable Ennui ; Tu nous oubliais, Vie, ô marâtre importune !
À la haute fenêtre souriait la Nuit, Et les Heures magiciennes, une à une, Enchantaient, sous les feuilles d’ombre, l’eau de lune.