French poem
L’Annonciateur
by Émile Van Arenbergh (1854–1934)
Sur ta haute colonne, ô Poète stylite, Tu t’es enseveli, tout vivant dans le ciel : ― Sous toi, comme une mer, la Vie en vain s’agite, Jetant d’un pôle à l’autre un sanglot éternel.
Au seuil de l’Infini tu te dresses dans l’ombre, Interrogeant l’abîme où le temps vient mourir ; Son silence te parle, et, dans sa voûte sombre, Par les trous du soleil tu vois Dieu resplendir.
La foule douloureuse attend dans les ténèbres Qu’une lueur révèle une route à ses pas Et qu’une voix réponde à ses appels funèbres ;
Et toi, joyeux d’espoir, tu lui montres là-bas, Par-delà cette nuit où tout sommeille encore, Tout au fond des cieux noirs, à l’horizon, l’Aurore.