French poem
La Mort
— Triste dame, mon âme, De quel séjour de deuil et d’or, Viens-tu, ce soir, parler encor, Triste dame, mon âme ?
— Je viens d’un palais de flambeaux Dont j’ai brisé les portes closes ; Je tiens, entre mes mains, les roses Qui fleuriront sur ton tombeau…
— Douce dame, mon âme, Puisque la mort doit survenir, J’ai la crainte de l’avenir, Douce dame, mon âme.
— Ce que tu crains c’est ta beauté. La vie en haut, la mort sous terre Tressent les fleurs de leur mystère Au front de ton éternité.
— Belle dame, mon âme, Le temps passe en grand deuil Avec sa faulx, contre mon seuil, Belle dame, mon âme.
— Le temps n’est qu’un mensonge : il fuit ; Seul existe celui qui crée Emprisonnant l’ample durée Dans l’heure où son génie écrit.