French poem
Pieusement
La nuit d’hiver élève au ciel son pur calice.
Et je lève mon cœur aussi, mon cœur nocturne, Seigneur, mon cœur ! vers ton pâle infini vide, Et néanmoins, je sais que rien n’en pourra l’urne Combler, et que rien n’est dont ce cœur meurt avide ; Et je te sais mensonge et mes lèvres te prient Et mes genoux ; je sais et tes grandes mains closes
Et tes grands yeux fermés aux désespoirs qui crient, Et que c’est moi qui, seul, me rêve dans les choses ; Sois de pitié, Seigneur, pour ma toute démence, J’ai besoin de pleurer mon mal vers ton silence !…
La nuit d’hiver élève au ciel son pur calice !
(LES DÉBÂCLES).