Versos French Emile Verhaeren Viii

French poem

Viii

by

Listen in the reader

Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon cœur, Ainsi qu'une ample fleur, Qui s'ouvre pure et belle aux heures de rosée; Entre ses plis mouillés ma bouche s'est posée.

La fleur, je la cueillis avec des doigts de flamme; Ne lui dis rien: car tous les mots sont hasardeux: C'est à travers les yeux que l'âme écoute une âme.

La fleur qui est mon cœur et mon aveu, Tout simplement, à tes lèvres confie Qu'elle est loyale et claire et bonne, et qu'on se fie Au vierge amour, comme un enfants se fie à Dieu.

Laissons l'esprit fleurir sur les collines En de capricieux chemins de vanité, Et faisons simple accueil à la sincérité Qui tient nos deux cœurs vrais en ses mains cristallines; Et rien n'est beau comme une confession d'âmes Lune à l'autre, le soir, lorsque la flamme Des incomptables diamants Brûle comme autant d'yeux Silencieux Le silence des firmaments.