French poem
Xv
Non, mon âme jamais de toi ne s'est lassée!
Au temps de juin, jadis, tu me disais: «Si je savais, ami, si je savais Que ma présence, un jour, dût te peser. Avec mon pauvre cœur et ma triste pensée Vers n'importe où, je partirais. » Et doucement ton front montait vers mon baiser.
Et tu disais encore: «On se déprend de tout et la vie est si pleine! Et qu'importe qu'elle soit d'or La chaîne Qui lie au même anneau d'un port Nos deux barques humaines!» Et doucement tes pleurs me laissaient voir ta peine.
Et tu disais, Et tu disais encore: «Quittons-nous, quittons-nous, avant les jours mauvais. Notre existence fut trop haute Pour se traîner banalement de faute en faute.» Et tu fuyais et tu fuyais Et mes deux mains éperdûment te retenaient.
Non, mon âme jamais de toi ne s'est lassée.