French poem
Xxi
En ces heures où nous sommes perdus Si loin de tout ce qui n'est pas nous-mêmes, Quel sang lustral ou quel baptême Baigne nos cœurs vers tout l'amour tendus?
Joignant les mains, sans que l'on prie, Tendant les bras, sans que l'on crie, Mais adorant on ne sait quoi De plus lointain et de plus pur que soi, L'esprit fervent et ingénu, Dites, comme on se fond, comme on se vit dans l'inconnu.
Comme on s'abîme en la présence De ces heures de suprême existence, Comme l'âme voudrait des cieux Pour y chercher de nouveaux dieux, Oh! l'angoissante et merveilleuse joie Et l'espérance audacieuse D'être, un jour, à travers la mort même, la proie De ces affres silencieuses.