French poem
Élégie
by Émilienne d’Alençon (1870–1945)
L’allée est ténébreuse, et le ciel est mystique ; L’aphrodita de marbre étend son beau corps nu, Le gazon est humide et luisant, il a plu… Sur le gravier s’allonge une ombre fantastique.
L’amour a, par moments, besoin de s’exiler ; Et c’est pourquoi, ce soir, plaisir ou délivrance, Nous allons à pas lents, baignés dans du silence, Rechercher la tendresse au jardin isolé.
Douceur de vivre à deux, un soir de lassitude ! Ô vivre près de toi ! bonheur sans lendemain ! Tu m’aimes aujourd’hui — m’aimeras-tu demain ? Et mon soupir a, seul, troublé la solitude.
Cependant on perçoit un long pas, qui nous suit, Propice à conserver l'illusion divine, Un pas léger, un pas flottant, que l’on devine : C’est l’ombre de l’amour, dans l’ombre de la nuit.