Versos French Emmanuel des Essarts Lanjuinais

French poem

Lanjuinais

by (1839–1909)

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Pareil à ces men-hir qu’aiment les clairs de lune, Lanjuinais est un dur combattant ; la tribune Tressaille sous son poids impérieux ; Danton Estime les assauts de ce rude Breton Et les coups de bélier que lance cette tête ; La mêlée effrayante est sa vie et sa fête. Autour de lui, combat des Trente, tu renais Par les grands jours d’orage où parle Lanjuinais ! Sa parole a bondi : jacobin, royaliste, Malheur à qui subit cette forte baliste. Sans doute la Montagne est faite d’un granit Robuste et qu’un ciment surhumain réunit, Et pourtant la Montagne indomptable est troublée De ces ébranlements dont tremble une assemblée, Et se lève parfois dans un élan soudain Contre cet immuable et solide dédain. Demandez à l’écueil s’il a peur de la houle ! La Crète se détache impétueuse et roule Vers la tribune hostile et veut en arracher Le Celte qui tient bon comme tient un rocher, Et par moments secoue et rejette éperdue La grappe d’assaillants à son corps suspendue. Seul Legendre parfois fait bouger ce Titan Par un prodigieux et douloureux ahan, Tel qu’en peut élancer dans ses franches furies Le héros turbulent des rouges boucheries : Mais l’autre s’affermit tranquille et souverain… Car Legendre est de chair et Lanjuinais d’airain !