French poem
Épousailles
by Emmanuel Signoret (1872–1900)
Monseigneur le Printemps en robe épiscopale D’un violet vivant comme les fleurs d’iris, Ouvrant à deux battants les hauts portails fleuris Au son des clairons d’aube, entre en sa cathédrale.
Une tulipe fait sa crosse ; en frais camail Monseigneur le Printemps sous le dôme bleu marche ; Au loin plongent les nefs, et sous leur dernière arche, Le soleil arrondit son aveuglant vitrail !
Les orangers tout blancs, fiévreux et nuptiaux Ont des frémissements d’orgue ; en la campanule Frêle encensoir, l’encens doré du pollen brûle.... Sur les nids psalmodie un chœur sacré d’oiseaux.
⁂ Blonde, tu me souris vaguement, tu tressailles ! Nos cœurs royaux l’un pour l’autre ont battu longtemps. A genoux ! Pour bénir nos blanches épousailles Entre en son temple ému Monseigneur le Printemps !