French poem
« Quand à chanter ton los, parfois je m’aventure »
by Étienne de La Boétie (1530–1563)
Quand à chanter ton los, parfois ie m’aduenture, Sans oser ton grand nom, dans mes vers exprimer, Sondant le moins profond de cette large mer, Ie tremble de m’y perdre, & aux rives m’assure. Ie crains, en louant mal, que ie te fasse iniure. Mais le peuple étonné d’ouïr tant t’estimer, Ardant de te connaître, essaie à te nommer, Et cherchant ton saint nom ainsi à l’aventure, Ébloui n’atteint pas à voir chose si claire, Et ne te trouve point ce grossier populaire, Qui n’ayant qu’un moyen, ne voit pas celuy-là : C’est que s’il peut trier, la comparaison faite, Des parfaites du monde, une la plus parfaite, Lors, s’il a voix, qu’il crie hardiment la voilà.