French poem
Sonnet pour mon ami R…
by Félix Arvers (1806–1850)
J’avais toujours rêvé le bonheur en ménage, Comme un port où le cœur, trop long-temps agité, Vient trouver, à la fin d’un long pélerinage, Un dernier jour de calme et de sérénité.
Une femme modeste, à peu près de mon âge, Et deux petits enfans jouant à son côté ; Un cercle peu nombreux d’amis du voisinage, Et de joyeux propos dans les beaux soirs d’été.
J’abandonnais l’amour à la jeunesse ardente ; Je voulais une amie, une âme confidente, Où cacher mes chagrins, qu’elle seule aurait lus ;
Le ciel m’a donné plus que je n’osais prétendre ; L’amitié, par le temps, a pris un nom plus tendre, Et l’amour arriva qu’on ne l’attendait plus.