Versos French Florian Le Vacher et le Garde-chasse

French poem

Le Vacher et le Garde-chasse

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Colin gardait un jour les vaches de son père; Colin n'avait pas de bergère, Et s'ennuyait tout seul. Le garde sort du bois: Depuis l'aube, dit-il, je cours, dans cette plaine, Après un vieux chevreuil que j'ai manqué deux fois, Et qui m'a mis tout hors d'haleine. Il vient de passer par là bas, Lui répondit Colin: mais, si vous êtes las, Reposez-vous, gardez mes vaches à ma place, Et j'irai faire votre chasse; Je réponds du chevreuil.—ma foi, je le veux bien: Tiens, voilà mon fusil, prends avec toi mon chien, Va le tuer. Colin s'apprête, S'arme, appelle Sultan. Sultan, quoiqu'à regret, Court avec lui vers la forêt. Le chien bat les buissons; il va, vient, sent, arrête, Et voilà le chevreuil... Colin impatient Tire aussitôt, manque la bête, Et blesse le pauvre Sultan. A la suite du chien qui crie, Colin revient à la prairie. Il trouve le garde ronflant; De vaches, point; elles étaient volées. Le malheureux Colin, s'arrachant les cheveux, Parcourt en gémissant les monts et les vallées; Il ne voit rien. Le soir, sans vaches, tout honteux, Colin retourne chez son père, Et lui conte en tremblant l'affaire. Celui-ci, saisissant un bâton de cormier, Corrige son cher fils de ses folles idées, Puis lui dit: Chacun son métier, Les vaches seront bien gardées.