French poem
Douleur bercée
by François Coppée (1842–1908)
Toi que j’ai vu pareil au chêne foudroyé, Je te retrouve époux, je te retrouve père ; Et sur ce front songeant à la mort qui libère, Jadis le pistolet pourtant s’est appuyé.
Tu ne peux pas l’avoir tout à fait oublié : Tu savais comme on souffre et comme on désespère ; Tu portais dans ton sein l’infernale vipère D’un grand amour trahi, d’un grand espoir broyé.
Sans y trouver l’oubli, tu cherchais les tumultes, L’orgie et ses chansons, la gloire et ses insultes, Et les longues clameurs de la mer et du vent.
Qui donc à ta douleur imposa le silence ? — Ô solitaire, il a suffi de la cadence Que marque le berceau de mon petit enfant.