Versos French François Coppée L’Incorrigible

French poem

L’Incorrigible

by (1842–1908)

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Lorsque, vaincu d’un seul regard, je t’ai suivie, Plus d’un m’a dit : « Encore ? À quarante ans passés ! » Soit. J’ai des cheveux gris aux tempes, je le sais ; Mais ma soif de tendresse est loin d’être assouvie.

Celui-là qui me blâme, au fond du cœur m’envie. Non ! je n’ai pas assez vécu, souffert assez, Et je vaux mieux que vous, jeunes vieillards glacés, Et l’amour est la grande affaire de la vie !

Non ! je ne deviendrai jamais pareil à vous, Dont quelques chaudes nuits font de calmes époux, Et qui n’aimez qu’un temps, comme on jette sa gourme.

Regardons-les passer, ma mie, et plaignons-les, Ces couples sans désirs qui traînent leurs boulets, Ainsi que des forçats sous les coups de la chiourme !