French poem
Le Rêve
by François Coppée (1842–1908)
Légère et d’or pâle coiffée, Dans un nuage, sur les eaux, C’est bien la transparente fée Des nénuphars et des roseaux.
Demi voilé pour le profane, Il semble craindre le regard, Ce corps exquis et diaphane Qui se roule dans le brouillard.
Vers quel mystérieux voyage Va le blond fantôme flottant ? Est-ce une femme, est-ce un nuage, Qui glisse et vole sur l’étang ?
Mais déjà tout s’emplit d’aurore, Et, dans le ciel rose et vermeil, L’apparition s’évapore, Au premier rayon du soleil,
Et ne laisse pas plus de trace Que le rapide éclair d’azur De ce martin-pêcheur qui passe N’en a laissé sur le flot pur.