French poem
« J’ai songé bien des fois »
by François Porché (1877–1944)
J’ai songé bien des fois à mon lointain ancêtre, A celui qui reçut le nom qu’il m’a légué Du sordide troupeau de porcs qu’il menait paître Dans la forêt obscure et, de là, boire au gué.
La vase des marais en séchant sur sa guêtre Alourdissait, le soir, son grand pas fatigué, Ou bien le gueux courait les bois pieds nus peut-être, Hirsute, à demi-fol et sauvagement gai,
Serf de condition sans en porter les chaînes, Il a passé ses jours à rêver sous les chênes, Et maintenant il n’a plus même de tombeau.
Mais, dans mon cœur, comme un reproche à ma faiblesse, Il revit. A chacun l’orgueil de sa noblesse ! — Il faut aimer ton nom, mon fils, car il est beau.