French poem
Démolitions
by Gabriel Marc (1840–1901)
Les vieux hôtels qu’avaient respectés les années Sous les coups des maçons tombent de toutes parts. Ils gisent sur le sol, & leurs débris épars Ont l’aspect douloureux des choses ruinées.
Comme leurs habitants ils ont leurs destinées ; Leurs murs, que décoraient les chefs-d’œuvre des arts, Près de l’affiche énorme étalent aux regards Le sillon régulier & noir des cheminées.
Au milieu des monceaux de pierres, à l’écart, Un reste de jardin, sauvé par le hasard, Sourit, insoucieux de ces métamorphoses,
Et, dans l’air saturé de chaux pour les ternir, Un rosier au soleil épanouit ses roses. — Tel, parfois, dans mon âme un lointain souvenir.