French poem
La Passion
Je dis comme le Christ au jardin des Olives ; « Ô Seigneur, mon âme est triste jusqu’à la mort ! » Ayant beaucoup souffert, je n’ai pas de remords, Quand je trouve, le soir, que mes mains sont fautives.
Parfums de Madeleine, où vous répandez-vous ? Il est enfin le temps où ma belle jeunesse Passait ― comme Jésus monté sur une ânesse Et sentant des rameaux caresser ses genoux.
Seigneur ! J’entends hurler une foule barbare ! Déjà plus d’un Judas m’a baissé le front Et je sens dans mon cœur que ma Croix se prépare.
Mais, pour souffrir la haine et supporter l’affront, Seigneur, donnez-moi donc cet espoir de revivre Dans la mélancolique éternité du Livre.