Versos French Georges Rodenbach Vii

French poem

Vii

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Le cœur de l’Eau pensive est un cœur nostalgique, Cœur de vierge exaltée en proie à l’idéal, Qui souffre d’être seule, et qu’aucun ne complique D’un peu de bruit ce grand calme qui lui fait mal; Cœur de l’Eau sans tristesse et cependant nocturne, Cœur de l’Eau variable et toujours ignoré, Qu’un clair d’amour sans doute aurait édulcoré Et qui s’aigrit, ô cœur à jamais taciturne!

Certes quelques reflets hantent ce cœur de l’Eau; Mais toute chose en y descendant se déflore, Toute chose recule et devient incolore, Y propageant un froid d’absence et de tombeau Et comme une douleur d’adieux qui diminue...

L’Eau n’en est que plus triste, attendant, l’air songeur, Quelqu’un qui ne vient pas par la pâle avenue Que les arbres mirés enfoncent dans son cœur. Hélas! l’Eau solitaire et fantasque frissonne, Elle qu’on n’aime pas et qui n’aime personne, Et qui meurt d’être seule en cette fin du jour, Surtout que des amants vont devisant d’amour Et sur ses bords, dans elle, effeuillent des paroles: Bouquet d’aveux que son silence a recueilli, Propos finals, lis morts des volontés trop molles, O pénultièmes fleurs d’un cœur presque cueilli! Or ces aveux que l’eau fiévreuse s’assimile Lui donnent un émoi, toute une anxiété Comme si devenue elle-même nubile C’était enfin la fin de sa virginité!