French poem
À Germain Nouveau
Parmi les poëtes nouveaux, Mon Germain Nouveau, tu te lèves, Et la religion des rêves Te compte parmi ses dévots.
Car tu crois encore aux féeries Du clair de lune et des forêts, Et tu vois danser dans l’air frais Cent mille fantasmagories.
Jamais ton cœur ne renia Les divinités de Shakspeare, Et tu mourrais pour un sourire De la blonde Titania.
Tu comprends, et ton nom le prouve, Tout le fantasque renouveau ; Les vers éclos dans ton cerveau, L’aile d’or d’un rêve les couve.
Le ciel de ton lit est un dais D’arbres où perce la lumière, Et n’es-tu pas, Germain, mon frère, Cousin germain des farfadets ?
Tu t’es fait comme un sanctuaire Pour y reposer ton ennui, Et tu vois les Belles-de-nuit Chaque soir s’ouvrir pour te plaire.
Le clair de lune est ton ami, Et sa fine poussière blanche Vient parfois saupoudrer la branche Où perche ton rêve endormi.
Les sonnets, les strophes exquises, Pleines de parfums précieux, À ton gré croissent en tous lieux Pour embaumer les folles brises ;
Et parmi ces poëmes verts Où le clair de lune frissonne, Harmonieusement résonne Ton nom fleuri comme tes vers !