Versos French Germain Nouveau Le Livre

French poem

Le Livre

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De vous le dire je m’empresse… Oh ! la fâcheuse inversion ! D’ailleurs la seule qui paraisse Être échappée à ma paresse, Au cours de cette édition.

Je m’empresse de vous le dire, Allons ! voilà qui va bien mieux ! Je ne suis pas (faut-il l’écrire ?) Un poète, je suis sans lyre. Je crois que cela saute aux yeux.

Mais, vous m’avez dit, d’aventure, Un soir, « je n’aime pas les vers ». Or, nous revenions en voiture ; « Quoi ? pas même ceux de Voiture ? » Je vous regardai de travers.

Je trouvai la chose hardie. Nous traversions le carrefour, De l’ancienne Comédie, « Moi, je les aime, “quoiqu’on die” Presqu’autant que faire l’amour. »

La rue était silencieuse. Pas un soupir d’accordéon, Et sous vos yeux de scabieuse Là-bas se dressait, soucieuse, La façade de l’Odéon.

Vous voyez, j’ai bonne mémoire. Eh ! bien ! ce mot d’après dîner, Si j’ai composé mon grimoire, C’est de sa faute, et c’est histoire, Madame, de vous taquiner.

Et je vous le jette… à la tête ? Ah ! fi ! Sur les bras ?… oh ! que non ? Dans les jambes ?… Ce serait bête. Ou tu le verrais à la fête, C’est entre ton fauteuil et ton…

Qu’on se le dise au Montparnasse, Pays des vers estropiés, Et des madrigaux à la glace : Si je veux qu’il soit à sa place Je le glisserais sous vos pieds.

Toutefois, du fond de ton siège Reçois-le comme un compliment « À la française »… qu’on abrège Si l’on entend : « est-ce qu’il neige ? » Ou si l’on vous dit : « c’est charmant. »