Versos French Guillaume Apollinaire Choeur

French poem

Choeur

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Ah! Ah! nous secouerons toute la nuit les sistres La voix ligure était-ce donc un talisman Et si tu n'es pas de droite tu es sinistre Comme une tache grise ou le pressentiment

Puisque l'absolu choit la chute est une preuve Qui double devient triple avant d'avoir été Nous avouerons que les grossesses nous émeuvent Les ventres pourront seuls nier l'aséité

Vois les vases sont pleins d'humides fleurs morales Va-t'en mais dénudé puisque tout est à nous Ouïs du choeur des vents les cadences plagales Et prends l'arc pour tuer l'unicorne ou le gnou

L'ombre équivoque et tendre est le deuil de ta chair Et sombre elle est humaine et puis la nôtre aussi Va-t'en le crépuscule a des lueurs légères Et puis aucun de nous ne croirait tes récits

Il brillait et attirait comme la pantaure Que n'avait-il la voix et les jupes d'Orphée Et les femmes la nuit feignant d'être des taures L'eussent aimé comme on l'aima puisqu'en effet

Il était pâle il était beau comme un roi ladre Que n'avait-il la voix et les jupes d'Orphée La pierre prise au foie d'un vieux coq de Tanagre Au lieu du roseau triste et du funèbre faix

Que n'alla-t-il vivre à la cour du roi D'Edesse Maigre et magique il eût scruté le firmament Pâle et magique il eût aimé des poétesses Juste et magique il eût épargné les démons

Va-t'en errer crédule et roux avec ton ombre Soit! la triade est mâle et tu es vierge et froid Le tact est relatif mais la vue est oblongue Tu n'as de signe que le signe de la croix