French poem
Rêverie
Ici-bas tous les lilas meurent. Je rêve aux printemps qui demeurent Toujours. Ici-bas les lèvres effleurent Sans rien laisser de leur velours… Je rêve au baisers qui demeurent Toujours
I
Le vrai, mon Enfant, c'est ton Rêve… Tout meurt, mon Cœur, la joie est brève Ici ; Mais celui que Amour élève Est délivré de ce souci : Pour lui, toujours dure le Rêve Ici… Amours passés, fleur qui se fane : Illusion pour le profane, Mais nous Broutons la Rose comme l'Ane, Rose qui jamais ne se fane Pour nous…
II
Un seul bouleau crépusculaire Sur le mont bleu de ma Raison… Je prends la mesure angulaire Du cœur à l’âme et l’horizon…
C’est le galop des souvenances Parmi les lilas des beaux yeux Et les canons des indolences Tirent mes songes vers les cieux
III
Ton amour, ma chérie m’a fait presqu’infini Sans cesse tu épuises mon esprit et mon cœur Et me rend faible comme une femme Puis comme la source emplit la fontaine Ton amour m’emplit de nouveau De tendre amour, d’ardeur et de force infinie
IV
C’était un temps béni nous étions sur les plages — Va-t’en de bon matin pieds nus et sans chapeau — Et vite comme va la langue d’un crapaud Se décollaient soudain et collaient les collages
Dis, l’as-tu vu Gui au galop Du temps qu’il était militaire Dis, l’as-tu vu Gui au galop Du temps qu’il était artiflot A la guerre ?
C’était un temps béni : le temps du vaguemestre. — On est bien [plus] serré que dans un autobus — Et des astres passaient que singeaient les obus Quand dans la nuit survint la batterie équestre
Dis, l’as-tu vu Gui au galop Du temps qu’il était militaire Dis, l’as-tu vu Gui au galop Du temps qu’il était artiflot A la guerre ?
C’était un temps béni : jours vagues et nuits vagues, Les marmites donnaient aux rondins des cagnats Quelqu’aluminium où tu t’ingénias A limer jusqu’au soir d’invraisemblables bagues
Dis, l’as-tu vu Gui au galop Du temps qu’il était militaire Dis, l’as-tu vu Gui au galop Du temps qu’il était artiflot A la guerre ?