French poem
Le Fumier
by Gustave Le Vavasseur (1819–1896)
Un fumier ? fi, l’horreur c’est laid et cela pue As-tu les sens calleux comme les mains, fermier, Toi qui fais les doux yeux à ce tas de fumier, Matière de rebut, inerte et corrompue ?
Et toi, valet rustique, à la tête crépue, Pourquoi, fier d’un ouvrage immonde et coutumier, Tailler avec tant d’art un étrange damier Et remettre à sa place une paille rompue ?
— Si j’étais jardinier comme toi, citadin, Je ferais sur les fleurs germant dans ce jardin, Un poëme subtil, tout brillant d’antithèses.
Nous autres paysans, dans ce mélange impur, Nous voyons du blé vert d’abord, puis du blé mur, Finalement du pain et nous sommes bien aises.