French poem
36 (Les voix s’exaltent et s’élèvent……)
by Henri Barbusse (1873–1935)
Les voix s’exaltent et s’élèvent… Je suis vieux comme les aïeuls, J’ai des rêves lassés qui rêvent Tout seuls.
C’est le temps triste et monotone, C’est le désespoir grand ouvert, C’est le printemps, l’été, l’automne, L’hiver !
Le souvenir de l’ancien geste, Le souvenir du mal ancien : Ce qui reste, quand il ne reste Plus rien.
Ô vous, ma sœur d’après la veille, De l’instant splendide et sacré Où le rêve qui s’ensommeille Est vrai…
Petit poème magnifique, Éclos par le pardon du soir, Où l'on entend de la musique Sans voir…
Je vous bénis, ange en sourire, Mains qui servent mon désespoir, Bonté qui fait que je m’admire Le soir !