French poem
À la Belgique
Je te revois, avant l’orage et la tempête, Assise noblement en ta robe de paix Alors que serpentait sur son brocart épais La dentelle légère, impalpable et parfaite ;
Sous les riches joyaux dont se parait ta tête, Tu semblais opulente et superbe à jamais, Ô Belgique, et, les yeux calmes, tu souriais Au carillon joyeux de l’heure qu’il répète.
Aujourd’hui, sous le fer d’un brutal agresseur, Tu gis nue et blessée en ta chair. Ô ma sœur, Je te salue en ton héroïque détresse,
Mais bientôt, sur le front des hordes à genoux, Nous ferons se lever une aube vengeresse, De la couleur du sang que tu versas pour nous.