French poem
La Hache
Écoute. Le vent froid aux cailloux de la route Aiguise lentement, invisible ouvrier, Les serpes et les faulx de ses bises d’acier ; Le pas du Temps résonne au carrefour. Écoute.
Écoute. Au loin déjà les fleurs s’effeuillent ; toute La prairie alentour frissonne, et tout entier Le grand arbre frémit au souffle meurtrier ; Et sa Dryade en lui va saigner goutte à goutte.
Les bûcherons, liant le fagot et l’écorce, Vont dépecer, hélas ! ta stature et ta force ; Ton ombre a marqué l’heure à ta chute ; mais sache,
Au soir de quelque Automne orgueilleux de ta mort, Parmi l’effondrement de ta ramure d’or, Tomber au moins hautain et grave, sous la hache.