Versos French Henri de Régnier La Païenne

French poem

La Païenne

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Rome ! tes dieux sont morts, et ta maigre tétine, Louve de bronze, pend d’avoir trop allaité ! Mais le fantôme nu de l’antique beauté Erre encore aujourd’hui sur la terre latine.

La statue est brisée et la stèle s’incline ; Le roseau se lamente où la flûte a chanté, Et tu restes toujours belle d’avoir été, Par le sourire pur des Déesses, divine.

Et, voyageur pieux, j’ai voulu qu’au retour Ma Dame ainsi fut peinte en ce cadre à son tour Debout sur le clair mont que l’aurore ensoleille,

Entre Pallas revêche et Junon furieuse, Car sa gorge rivale à sa pointe est vermeille Du même sang divin que la Victorieuse.