French poem
Le Voeu
«N'avez-vous pas tenu en vos mains souveraines La souplesse de l'eau et la force du vent? Le nombreux univers en vous fut plus vivant Qu'en ses fleuves, ses flots, ses fleurs et ses fontaines.»
C'est vrai. Ma bouche a bu aux sources souterraines; La sève s'est mêlée à la fleur de mon sang Et, d'un cours régulier, naturel et puissant, Toute l'âme terrestre a coulé dans mes veines.
Aussi, riche et joyeux du fruit de ma moisson Et du quadruple soir de mes quatre saisons, Je te donne ma cendre, ô terre maternelle,
Pour renaître plus vif, plus vaste et plus vivant Et vivre de nouveau la Vie universelle, Dans la fuite de l'Eau et la force du Vent.