French poem
Les Frères
Crois-moi. Tes pieds sont faits pour suivre le chemin Qui, du seuil de la porte au bord de la fontaine, Conduit si mollement que sur son sable à peine Se marquera ton pas silencieux et vain.
L’air natal respiré rend ton soupir divin. Chante. Ta flûte est droite et juste ton haleine. La nature s’émeut à la chanson humaine ; La colombe roucoule et ne fuit pas ta main.
Pour moi, mon dur talon convient à la sandale ; Ma semelle de cuir frappe fort sur la dalle ; Mon souffle âpre sied mieux au cuivre qu’au roseau.
Adieu, Frère, la vie est double, rude ou belle, Et saurons-nous quel Dieu nous fit ainsi rivaux, Car ma voix furieuse est pourtant fraternelle ?