French poem
Odelette 2
J’aurais pu dire mon Amour Tout haut Dans le grand jour Ardent et chaud Du bel été d’or roux qui l’exalte et l’enivre Et le dresse debout avec un rire À tout écho !
J’aurais pu dire : Mon Amour est heureux, voyez Son manteau de pourpre qui traîne Jusqu’à ses pieds ! Ses mains sont pleines De roses qu’il effeuille et qui parfument l’air ; Le ciel est clair Sur sa maison de marbre tiède
Et blanc et veiné comme une chair Douce aux lèvres…
Mais non, Je l’ai vêtu de bure et de laine ; Son manteau traîne Sur ses talons ; Il passe en souriant à peine Et quand il chante, c’est si bas Que l’on ne se retourne pas Pour cueillir sa chanson éclose Dans le soir qu’elle a parfumé ; Il n’a ni jardin, ni maison, Et il fait semblant d’être pauvre Pour mieux cacher qu’il est aimé.