French poem
La Madone
by Iwan Gilkin (1858–1924)
Au pré fleuri de scabieuses Et de roses violacées Mes tristes mains, mes mains blessées Joignent leurs pâles chairs pieuses.
Mes sombres lèvres sérieuses Chantent mes obscures pensées Au ciel de flammes trépassées Où passent des ailes soyeuses.
Je suis la Madone au cœur noir. Mes ténébreuses meurtrissures Filtrent le sang épais des mûres.
Et je traîne en l’effroi du soir, Parmi les amers végétaux, Les deuils verts de mes longs manteaux.