French poem
Rose Fanée
L'autre soir, en ouvrant quelques feuillets de prose Cachés sous la poussière et jaunis par le temps, J'en vis rouler à terre une petite rose Qui me rappela l'heure où j'avais dix-sept ans.
A sa tige pendait un bout de satin rose Où j'aperçus le nom d'un ange aux traits charmants Qu'autrefois j'adorai mais, fleur à peine éclose, La mort vint la cueillir à quatorze printemps...
Je priai ce soir-là--le coeur plein de tristesse-- Pour celle qui dora l'aube de ma jeunesse Des rayons les plus purs des plaisirs et des ris...
Depuis, un autre amour a germé dans mon âme, Et je vois tous les jours sa bienfaisante flamme Illuminer le coeur de mes enfants chéris.
1er juin 1889.