French poem
Au Bord Du Désert
by Jean Aicard
Les coteaux secs, rongés du soleil, pleins de trous, Vont mourant vers la plaine en monticules roux; La plaine montueuse, où le désert commence, C’est déjà l’abandon, la solitude immense. On a, pour y venir, passé des monts affreux, Où les maigres chacals se dévorent entre eux, Tant l’âpre sécheresse y dépeuple la roche. La désolation du grand désert est proche; Là, tout, l’oiseau lui-même, alouette ou perdrix, Tout est couleur de sable;--et pelés, fauves, gris, Et bossus, les chameaux, en troupe ou solitaires, Sont des morceaux vivants de ces étranges terres.