French poem
« Je ne crains point, dis tu, de rompre le lien »
by Jean-Baptiste Chassignet (1571–1635)
Je ne crains point, dis tu, de rompre le lien De ce fragile cors, mais que jeune je meure Sans avoir profitté en doctrine meilleure Avant que de mourir, cause le regret mien.
Celuy-la qui t'a mis en besougne, scait bien Et jusques à quel jour, & jusques à quelle heure Il faut qu'en la boutique au travail tu demeure, T'y laissant plus long tems, tu n'y gaignerois rien :
Que s'il te veut payer d'une seule corvee, De plus de la moitié non encore achevee Autant comme pour deus, tu l'en dois honorer :
Une longeur de vie aussi bien tu demandes Afin qu'en fol plaisir sans fruit tu la despendes, Prodigue à l'employer, chiche à la desirer.
More by Jean-Baptiste Chassignet
- « Helas ! si du pecheur la sale conscience »
- « Heureus le serviteur officieus et dextre »
- « Il ny à si grossier qui ne connoisse bien »
- « Il y à me dis-tu de la peine à mourir »
- « Je ne m’estonne point si nostre ame servile »
- « Je veus pour cinquante ans pourvoir à mon mesnage »
- « Je vis un jour le tems la faucille en la main »
- « J’accompare la vie à la guerre bourrelle »