French poem
« L’enfance n’est sinon qu’une sterile fleur »
by Jean-Baptiste Chassignet (1571–1635)
L’Enfance n’est sinon qu’une sterile fleur, La jeunesse qu’ardeur d’une fumiere vaine, Virilité qu’ennuy, que labeur, et que peine, Vieillesse que chagrin, repentance, & douleur,
Nos jeux que desplaisirs, nos bon-heurs que mal-heur, Nos thresors et nos biens que tourment, & que geine, Nos libertez que laqs, que prisons, & que chaine, Notre aise, que mal-aise, & nostre ris que pleur :
Passer d’un àge à l’autre est s’en aller au change D’un bien plus petit mal en un mal plus estrange Qui nous pousse en un lieu d’ou personne ne sort.
Nostre vie est semblable à la mer vagabonde, Où le flot suit le flot, et l’onde pousse l’onde, Surgissant à la fin au havre de la mort.
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