French poem
Ii
LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER.
Le pot de fer proposa Au pot de terre un voyage. Celui-ci s'en excusa, Disant qu'il feroit que sage De garder le coin du feu: Car il lui falloit si peu, Si peu, que la moindre chose De son débris seroit cause: Il n'en reviendroit morceau. Pour vous, dit-il, dont la peau Est plus dure que la mienne, Je ne vois rien qui vous tienne. Nous vous mettrons à couvert, Repartit le pot de fer: Si quelque matière dure Vous menace d'aventure, Entre deux je passerai, Et du coup vous sauverai. Cette offre le persuade. Pot de fer son camarade Se met droit à ses côtés. Mes gens s'en vont à trois pieds, Clopin clopant, comme ils peuvent, L'un contre l'autre jetés Au moindre hoquet qu'ils treuvent. Le pot de terre en souffre; il n'eut pas fait cent pas Que par son compagnon il fut mis en éclats, Sans qu'il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu'avecque nos égaux; Ou bien il nous faudra craindre Le destin d'un de ces pots.
A la moindre secousse.