Versos French Jean Lahor Le Sage

French poem

Le Sage

by (1840–1909)

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Le vieux Viçvamitra dans les austérités Avait vécu cent ans, et le farouche ascète Assombrissait parfois de regards irrités Le ciel clair, où les Dieux anciens menaient leur fête.

Le peuple entier du ciel redoutait ce géant, Car le vieillard pouvait d’une seule parole, S’il les méprisait trop, renvoyer au néant Tous ces amants divins dont la Terre était folle.

Il avait si longtemps, du fond de ses forêts, Jugé les vanités du ciel et de la terre ; Il avait pénétré d’effroyables secrets : Mais, comme il était bon, il préférait les taire.

Il savait qu’eux aussi les Dieux devaient périr, Que tous étaient encor plus vains que nous ne sommes, Et qu’un mot suffirait pour faire évanouir Ces fantômes créés par le songe des hommes.