French poem
Voix de femme
by Jean Lahor (1840–1909)
L’âme écoute toute ravie Le rossignol qui chante en vous : Vous feriez adorer la vie, En l’éclairant de vos yeux doux.
Votre voix a le charme étrange Les appels d’oiseau dans les bois : Vous rappelez cette mésange Qu’un pauvre moine d’autrefois
Écouta pendant cent années Chanter au fond d’une forêt : Les fleurs pleuraient passionnées ; Le moine en silence pleurait.
Car aucun chant n’avait encore Fait trembler ainsi tout son cœur C’était parfois comme une aurore, Ou comme un soir plein de langueur.
Et quand la voix quitta la terre, Quand l’oiseau se fut envolé, Le moine pâle au monastère Revint mourir, inconsolé.