French poem
Parisienne
by Jean Lorrain (1855–1906)
Comme autant de jolis oiseaux, Nichés dans les valenciennes, Charmants, les fils des Parisiennes Gazouillent d’Auteuil à Monceaux,
Pleins de hauteurs patriciennes, Nimbés d’or sous leurs grands chapeaux Ils ont des airs d’enfants royaux Des peintures vénitiennes.
Avec des dédains d’étourneaux Ils discutent comédiennes, Rente et valeurs tunisiennes, Et faits divers des grands journaux
Et, méprisant les plébéiennes Dans leurs affreux petits sarreaux, Tandis qu’ils sont froids et fiérots, Les vrais beaux fils des Parisiennes,
Le couturier aux fins ciseaux, Qui taille dans la soie ancienne Leurs toilettes comme la sienne, Passant au trot de ses chevaux Des Parisiennes de Monceaux Est encor la plus Parisienne !