French poem
Ii
by Jean Moréas
Dans la chambre rose où les lilas blancs Mêlaient leurs parfums aux tiédeurs des bûches, Cette présidente en peignoir à ruches, Quand elle jouait avec ses perruches, Sangdieu! qu’elle avait des regards troublants!
Tu n’as pas cueilli les beaux lilas blancs, Tu n’as pas cherché les secrets troublants Du peignoir à traîne avecques des ruches, Dans la chambre rose où les lilas blancs Mêlaient leurs parfums aux tiédeurs des bûches.
Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants: Dorlotent doucement les cœurs Meurtris par les destins moqueurs.
Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants: Donnent de nouvelles vigueurs Aux corps minés par les langueurs.
Oisillon bleu couleur-du-temps, Tes chants, tes chants: Font revivre les Espoirs morts Et terrassent les vieux Remords,
Oisillon bleu couleur-du-temps, Je t’ai cherché longtemps, longtemps, Par mont, par val et par ravin En vain, en vain!