French poem
Moi que la noble Athène a nourri
by Jean Moréas
Moi que la noble Athène a nourri, Moi l’élu des Nymphes de la Seine, Je ne suis pas un ignorant dont les Muses ont ri.
L’intègre élément de ma voix Suscite le harpeur, honneur du Vendômois ; Et le comte Thibaut n’eut pas de plainte plus douce Que les lays amoureux qui naissent sous mon pouce.
L’Hymne et la Parthénie, en mon âme sereine, Seront les chars vainqueurs qui courent dans l’arène ; Et je ferai que la Chanson Soupire d’un tant ! courtois son, Et pareille au ramier quand la saison le presse. Car, par le rite que je sais, Sur de nouvelles fleurs les abeilles de Grèce Butineront un miel Français.