French poem
Le jour passe la sombre ligne
by Jean Pellerin (1885–1921)
Le jour passe la sombre ligne Des pins dressés là-bas… Ô jour qui viens, de quels combats Donneras-tu le signe ?
Quelles peines sont dans ta main ? De quel plaisir tenace Offert — ou refusé — demain La rançon nous menace ?
Indifférente, sans songer À ce que tu fais naître, La servante, jour étranger, Va t’ouvrir la fenêtre…
Dieu nouveau, monarque subtil, Pour te rendre propice Jour qui commences, que faut-il Jeter à ton caprice ?
Tes aînés, tyrans sans amour, Ont trompé mon envie. Toi, jour, feras-tu d’un seul jour La raison d’une vie ?