French poem
Que ton bras se lève
by Jean Pellerin (1885–1921)
Que ton bras se lève et trace Un furtif rayon de chair, Que, bouche pendante et lasse, Tu t’abreuves au grand air,
Que ta nuque se corrode Aux acides des clartés, Que le soleil d’ombre brode Tes chaudes intimités,
Que, dans tes cheveux, baignées Sous tes mains libres enfin Les épingles araignées Tissent des fleuves d’or fin,
Glissant du lit, que tes lisses Jambes nous suggèrent les Chiffres inscrits aux caprices Des mondes émerveillés !
Nous te remercions, femme, De parfaire et d’ébaucher, D’être l’eau, d’être la flamme, Déesse qu’on peut toucher !
Abrite sous tes paupières Tout ce qui n’est pas à nous Et place pour tes prières Nos têtes sur tes genoux.