French poem
Ballade du Rôdeur de Paris
by Jean Richepin (1849–1926)
Bon sang d’ bon Dieu ! quel turbin ! J’ viens d’ mett’ mon pied dan’ eun’ flaque : C’est l’hasard qui m’offre un bain. V’lan ! v’là l’ vent qui m’ fiche eun’ claque. Fait vraiment un froid d’attaque. Quand j’ pens’ que j’ suis pas couvert. Et qu’ j’ai pas d’ poils comme un braque ! C’est pas rigolo, l’hiver.
R’mouchez-moi un peu c’ larbin Sous sa fourrure ed’ cosaque. Comme i’ pu’ bon l’eau d’ Lubin ! I’ s’ gour’ dans son col qui craque Comme un’ areng dans sa caque. Oh ! la ! la ! c’t’ habillé d’vert ! Oui, mais moi, v’là que j’me plaque. C’est pas rigolo, l’hiver.
Et ç’uilà, l’est pas lambin. Non de nom ! comme i’ s’ détraque, Avec son bec-ed’-corbin Et son londrès neuf qu’i’ sacque ! Tiens ! i’ rent’ dans sa baraque. La mienne est à ciel ouvert. Avec un parquet d’ déflaque. C’est pas rigolo, l’hiver.
Prince, il fait nuit ; l’ ciel s’opaque. Viens-tu ? J’ vas poisser d’ l’auber… Au bagn’ j’aurai eun’ casaque ! C’est pas rigolo, l’hiver.