French poem
Glaneurs
by Jean Richepin (1849–1926)
Les blés coupés sont en buriots Eh ! hue ! oh ! dia ! les chariots Prendront d’main la part la meilleure. ——C’est l’ tour des glaneurs ————À c’t’ heure, ——C’est l’ tour des glaneurs.
Hardi ! la mère et les morveux, Battons l’ chaum’ qu’est dru comm’ nos ch’veux, Et qu’ pas un seul épi n’y d’meure. ——C’est l’ tour des glaneurs ————À c’t’ heure, ——C’est l’ tour des glaneurs.
L’année est bonn’, les grains sont gros. Fourrez moi-z-en un sous vos crocs. C’est-il plein, dur, et comm’ ça fleure ! ——C’est l’ tour des glaneurs ————À c’t’ heure, ——C’est l’ tour des glaneurs.
Il en reste au ras du sillon D’ quoi remplir plus d’un corbillon, Assez pour empêcher qu’on n’ meure. ——C’est l’ tour des glaneurs ————À c’t’ heure, ——C’est l’ tour des glaneurs.
Si j’en pouvions vend’ pour queuq’ sous, J’irions boire à la branch’ de houx Un pichet d’ vin qui sent la meure. ——C’est l’ tour des glaneurs ————À c’t’ heure, ——C’est l’ tour des glaneurs.
En passant auprès des buriots, Volez un peu les proprios. Faut du pain à ceux qu’a pas d’ beurre. ——C’est l’ tour des glaneurs ————À c’t’ heure, ——C’est l’ tour des glaneurs.