Versos French Jean Richepin Le nez violet

French poem

Le nez violet

by (1849–1926)

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Comparer toujours nos nez Bourgeonnés À des rubis, je condamne Cette comparaison-là. Changeons-la ! Qui n’a qu’un cri n’est qu’un âne.

Aux nez rubis rubiconds Nous piquons La couleur de sang ; c’est triste. J’aime le mien quand il est Violet Comme une douce améthyste.

Vois ce nez rouge et camard, Quel homard ! Compare-le donc avecque Le tendre et clair demi-ton Du piton Habillé comme un évêque.

Quand je lorgne en tapinois Son minois, Il sourit comme un augure. Ah ! quel bon évêque j’ai Bien logé Au mitan de ma figure.

Pour qu’il soit bien enchanté En santé, Mes mains de lui sont voisines. Mes dix doigts sont ses valets. Mon palais Flambe au feu de ses cuisines.

Mais il me rend bien mon dû. Rond, dodu, Il semble un roi de kermesse, Et jamais mon verre plein Ne se plaint Quand au fond il dit la messe.

Tu me diras que le tien Est chrétien Ni plus ni moins que le nôtre, Et qu’un rouge cardinal, Moins banal, Comme évêque en vaut un autre.

Moi, je te soutiens que non, Non de nom ! Car un cardinal peut être Un monsieur laïque, au lieu, Nom de Dieu ! Qu’un évêque est toujours prêtre.

Te voilà par le clergé Submergé, Ponchon, grand nez-culottière ! Nez de rubis, singe-nous ! À genoux Devant le nez d’améthyste !