French poem
Les Ivresses
by Jean Richepin (1849–1926)
S’intoxiquer ?… Sans doute. Oui, c’est la seule joie. Un oublie. On voit rose. A moi, noir bataillon Des bouteilles, au chef casqué de vermillon ! Roulez dans vos flots d’or ma douleur qui se noie.
A moi, l’absinthe, où dans un ciel vert je tournoie Avec des ailes, plus léger qu’un papillon ; Le haschisch qui parmi des bruits de carillon Papillote mon cœur comme un papier de soie ;
L’opium ténébreux qui sous ses baisers lourds Me berce dans des lits de brumes en velours ; Venez à moi, vous tous qui consolez de vivre !
Oh ! demeurer ainsi toujours ! Je bois, je bois. Encor ! Oui, mais demain, je ne serai plus ivre ; Demain, mal aux cheveux, et la gueule de bois !