Versos French Jean Richepin Soleil couchant

French poem

Soleil couchant

by (1849–1926)

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Dans les forêts dépouillées Déjà les feuilles rouillées Font un tapis de velours, Et l’on entend de l’automne Gémir le chant monotone Coupé par des sanglots lourds.

Les frileuses hirondelles, Rasant le sol de coups d’ailes, Se rassemblent à grands cris, Et tous les oiseaux sauvages S’appellent sur les rivages Près des étangs défleuris.

C’est la saison triste et douce Où l’on rêve, où sur la mousse En pleurant on vient s’asseoir, Pour voir le soleil oblique Dans le ciel mélancolique Verser les joyaux du soir.

Ici, pas de forêt rousse, Pas d’étangs et pas de mousse, Pas de cadre au beau tableau ! Il n’y a que Notre-Dame Qui dans le couchant s’enflamme, Empourprée au bord de l’eau.

Mais ailleurs, le long des rues Où vont les foules bourrues, Où tout brise l’horizon, Qui donc dans la nue ouverte Voit ta robe rose et verte, Ô douloureuse saison ?

C’est en vain que tu te pares De tes couleurs les plus rares ! Pour le gouapeur parisien Le ciel d’automne ressemble, Étant rouge et vert ensemble, Aux bocaux d’un pharmacien.